Deux semaines après la découverte du brame, retour à Chambord.

Cette fois-ci, le brame est à son apogée, et la forêt hurle dans la nuit. Alors qu’on ne les distingue pas encore, une bonne demi-douzaine de cerfs se provoquent à distance.

Leurs clameurs sont très variées : parfois, on croit entendre de gigantesques portes de bois grincer, comme si la forêt s’ouvrait de toute part ; mais, à d’autres moments, ce sont de monstrueux rugissements qui montent des sous-bois.

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À l’aube, les silhouettes de plusieurs cerfs se découpent sur le champ de bataille.

Ces chevaliers, parés de leurs armures et heaumes sylvestres, vont bientôt s’affronter.

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Les jouvencelles, graciles et lumineuses, font semblant de ne pas trop prêter attention aux joutes dont elles sont l’enjeu.

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Le baron d’Arbre-Rond les a rassemblées autour de lui.

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Il s’est déjà aisément défait d’un jeune impudent, le mince Deux-Bois, venu s’approcher d’un peu trop près.

Son rire dédaigneux et quelques foulées auront suffi à faire fuir l’importun. Arbre-Rond en rit encore, à gorge déployée.

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Mais son redoutable rival, le duc de Grand-Bosquet, le contemple calmement, sûr de sa force.

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Les dames n’y sont d’ailleurs pas insensibles, car leur promenade les conduit petit à petit vers le centre de la lice, afin d’amener les nobles chevaliers à se déclarer.

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Sonnerie de cors : le duc s’avance.

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Grand-Bosquet rejoint les damoiselles, et défie le baron.

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Du fond de la plaine, Arbre-Rond prend son élan.

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Le premier choc est si terrible que les deux chevaliers manquent de se terrasser sur le coup.

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Les assauts suivants ne le sont pas moins. Claquements de sabres, feintes de corps, brusques ripostes : ils déploient tout l’arsenal de leurs forces.

Comme si la forêt s’affrontait elle-même, branches contre branches, les cerfs partagent la même frénésie de combat, à tel point qu’ils semblent frères dans leur étreinte guerrière.

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... Mais la nature est cruelle, car emportés dans leur lutte, nos deux chevaliers ne prêtent plus la moindre attention aux dames, qui ne leur pardonnent pas cet affront. Elles quittent, hautaines, le champ de bataille et disparaissent sous la fraîcheur des lisières.

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Piteux, les combattants décident d’une trêve et regagnent leurs positions initiales.

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Plus tard, les arbres de Chambord me raconteront que le jeune Deux-Bois, tranquillement installé sous un chêne, n’aura pas été le perdant de l’histoire...