11 mai 2008

Blois, entre image et mot

« De toutes les villes, Blois est l’une de celles qui entretiennent avec la littérature les liens les plus profonds. Non que beaucoup d’autres n’aient eu ce privilège d’inspirer des auteurs célèbres, mais Blois s’est construite autant de pierres que de mots. La ville a sans cesse couru après son image. » Michel Melot, dans sa Préface à l’ouvrage de Bruno Guignard, Blois au fil de la plume, Éditions Hesse, 1999, p. 8.
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23 janvier 2008

A l'écoute de femmes et forêts

« D’ailleurs il lui semblait qu’il existait entre la femme et la forêt une parenté étrange et inexplicable, comme si l’une eût été l’écrin de l’autre. Maintes fois elle avait remarqué combien l’homme qui aimait et écoutait la forêt aimait aussi et écoutait les femmes — non quand elles bavardaient mais quand elles se taisaient, se bornant à être et à prononcer ces vibrantes paroles de silence qui sont le langage mystérieux de l’âme. Il en allait de même pour la forêt : elle n’était jamais si éloquente que dans ces instants... [Lire la suite]
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23 décembre 2007

Mort de Julien Gracq

            « Ce que je souhaite d’un critique littéraire — et il ne me le donne qu’assez rarement — c’est qu’il me dise à propos d’un livre, mieux que je ne pourrais le faire moi-même, d’où vient que la lecture m’en dispense un plaisir qui ne se prête à aucune substitution. Vous ne me parlez que de ce qui ne lui est pas exclusif, et ce qu’il a d’exclusif est tout ce qui compte pour moi. Un livre qui m’a séduit est comme une femme qui me fait tomber sous le charme : au diable ses ancêtres,... [Lire la suite]
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18 novembre 2007

Au pli du toit

« C’est la proposition la plus connue de Leibniz : chaque âme ou sujet (monade) est entièrement fermé, sans porte ni fenêtres, et contient le monde entier dans son fond très sombre, tout en éclairant une petite portion de ce monde, portion variable pour chacun. Le monde est donc plié dans chaque âme, mais différemment, puisqu’il y a un petit côté du pli qui est éclairé. À première vue, c’est une conception très bizarre. Mais, comme toujours en philosophie, c’est une situation concrète. J’essaie de montrer... [Lire la suite]
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11 octobre 2007

L'écume du rire

            « C’est ainsi que des vagues luttent sans trêve à la surface de la mer, tandis que les couches inférieures observent une paix profonde. Les vagues s’entrechoquent, se contrarient, cherchent leur équilibre. Une écume blanche, légère et gaie, en suit les contours changeants. Parfois le flot qui fuit abandonne un peu de cette écume sur le sable de la grève. L’enfant qui joue près de là vient en ramasser une poignée, et s’étonne, l’instant d’après, de n’avoir plus dans le... [Lire la suite]
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29 juin 2007

« Qu’est-ce qu’un bidule ? »

            « Qu’est-ce qu’un bidule ? C’est une entité qui n’a pas de nom, pas de fonction, et pas vraiment d’intérêt non plus. Quelque chose d’indéfinissable qui palpite vaguement dans un angle du décor. Le bidule grouille, mais sans croître. Le bidule se déplace, mais sans direction. Le bidule agit, mais sans objet ni résultat. Le bidule n’existe qu’au coin de l’œil et de la conscience. Le bidule, c’est, sous une forme étroite, délimitée, mais indécise, la présence. Ce qui se... [Lire la suite]
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15 juin 2007

Nue de rêve

« (...) La raison dit : « Vague fumée, Où l’on croit voir ce qu’on rêva, Ombre au gré du vent déformée, Bulle qui crève et qui s’en va ! » Le sentiment répond : « Qu’importe ! Qu’est-ce après tout que la beauté, Spectre charmant qu’un souffle emporte Et qui n’est rien, ayant été ! « À l’Idéal ouvre ton âme ; Mets dans ton cœur beaucoup de ciel, Aime une nue, aime une femme, Mais aime ! — C’est l’essentiel ! » » Théophile Gautier, Émaux et Camées, « La Nue... [Lire la suite]
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14 juin 2007

La forêt perdue

            « Où serait le repos ? Existe-t-il une forêt où il t’attendrait ? Il faudrait descendre loin, par des chemins de plus en plus perdus, là où personne ne pourrait te suivre. Au plus profond, tu trouverais une fontaine obscure. Elle coulerait entre les bras de pierre d’une déesse au visage rongé. Si effacé, si ténébreux, avec son sourire aux limites du visible, que la trace en lui de ce qui pourrait encore engendrer l’effroi se perdrait dans la compassion. Tu boirais cette... [Lire la suite]
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02 juin 2007

Se forger le regard

« L’ordre des choses plus proches est encore plus caché, surtout pour le spectateur oisif, qui ne trouve souvent occasion, dans la vue des choses, qu’à poursuivre des rêveries diffuses, inconsistantes, et bientôt perdues dans un cercle de discours mécaniques. C’est pourquoi, faute d’une longue éducation reçue des poètes et des peintres, le spectacle de l’univers arrive rarement à nous délivrer de cette agitation stérile qui est la cause ordinaire de l’ennui. » Alain, Système des beaux-arts, I, 6
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20 avril 2007

La maison de Mr Rat

« Tandis [que Mr Taupe] était assis sur l’herbe, il aperçut sur la rive opposée un trou sombre, juste au-dessus du niveau de l’eau et il se surprit à rêver au douillet abri que cela pourrait faire pour un animal aux goûts simples comme les siens et sachant apprécier un coquet pied-à-terre au bord de l’eau, à l’abri des inondations et qui plus est loin du bruit et de la poussière. » K. Grahame, Le Vent dans les saules, chap. I(éd. Phébus, 2006, trad. fr. de G. Joulié, p. 23)
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