02 janvier 2008
De nouveau sous le gui
Comme l’an dernier, nous sommes partis hier chercher un arbre, pour nous embrasser sous le gui. Mais parce que la nuit s’était déjà passée à Chambord, nous sommes restés à Blois.
Dryade charmeuse, attendant un baiser : j’ai beau être un Ent, je ne suis pas que de bois ;-)
18 décembre 2007
Le repos des braises
Une irrépressible envie de tendre les mains, d’allonger les jambes et de fermer les paupières...
30 octobre 2007
Retour au Parc Eveux
De retour de Normandie (mais sans la nouvelle voiture, ramenée au garage), avec les couleurs automnales tout au long de la route : heureusement – si je puis dire – que le temps était couvert, sinon j’aurais été tenté de m’arrêter toutes les deux minutes pour prendre des photos, et je ne sais pas à quelle heure nous serions arrivés... ;-)
J’avais décidé ce matin de retrouver le Parc Eveux, l’un de mes terrains de jeu préférés de l’automne dernier.
Ma fidélité a été récompensée, car j’ai eu le droit à quelques minutes de lumière – cadeau d’autant plus précieux qu’un quart d’heure plus tard il se mettait à pleuvoir.
La pluie ne m’a pas contrarié (d’autant plus qu’il me reste toute une semaine devant moi) ; en revanche, découvrir que cette parcelle a été dévastée par les engins des bûcherons m’a attristé.
Je n’y verrai plus briller les perles d’araignée, ni danser les jupes des champignons... :-(
Une belle consolation est survenue avec le passage de deux biches en travers du sentier, alors que je regagnais la voiture sous la pluie... Mais pas de photos d’elles, puisque la cligne-musette était prudemment rangée dans le sac à dos.
11 juillet 2007
« Où partez-vous en vacances ? »
« Où partez-vous en vacances ? » La question est fréquente, sociale, presque incontournable, et à chaque fois ma réponse fait sourire, si ce n’est plus : où partons-nous ? je n’en sais rien...
Bien sûr, j’explique à chaque fois avoir du mal à anticiper, à organiser un séjour, avec réservations, et son cortège de bonnes occasions, de « bons plans ». Des vacances, voyez-vous, ça se prévoit, parfois six mois à l’avance, pour être sûr de les réussir. Et quand on attend le dernier moment, c’est de nouveau pour une bonne raison : il s’agit de profiter des meilleures opportunités de voyage disponibles sur le Net...
Alors, inévitablement, lorsque les vacances arrivent et que la question revient, je ne sais pas répondre.
Mais plus fondamentalement, je pense les vacances avant tout en terme de temps, et non de lieu.
Les vacances, c’est quitter l’emploi du temps serré de l’année pour savourer le possible, sans l’avoir déjà encadré, balisé, voire enfermé dans un programme déterminé.
Je ne nie pas que l’organisation, loin de supprimer ce possible, peut le faire advenir, pour qui le souhaite.
Mais je n’ai tout simplement pas besoin de changer de lieu pour me dépayser : il me suffit de changer de rythme. Certains hibernent, j’ai choisi l’estive.
Ce qui est pesante lenteur durant l’année devient sérénité légère en vacances. Je suis toujours autant en retard dans ce que j’ai à faire, mais paradoxalement je le vis mieux : cette abondance de temps libre me donne l’illusion que je pourrai tout faire — ce qui est faux, bien entendu (que ceux à qui je dois une réponse me pardonnent, cela ne devrait plus tarder ;-)).
Je ralentis tellement que, parfois, le temps va plus vite que moi : son courant me rattrape, et exerce sa poussée dans mon dos. En ce début de vacances, je vis sur mon erre, jusqu’à la prochaine rive.
Peut-être partirons-nous effectivement cet été. Mais nous avons le temps d’y songer.
D’ailleurs, le simple changement de temps modifie le lieu : les volets, plus longtemps fermés, laissent certaines pièces dans l’obscurité, où règne une douce présence.
Les fenêtres, plus largement ouvertes, oublient la frontière entre le dedans et le dehors.
Les piles de livres ne sont plus exactement les mêmes, leurs reliefs se reforment, et les bouleversements des strates de documents s’espacent.
Le regard s’adoucit, le pas s’allège et les épaules se relâchent : le corps a changé sa façon d’habiter le monde.
C’est l’époque des rencontres renouvelées.
« Où partez-vous en vacances ? »
— Dans un autre temps.
09 juillet 2007
L'or d'avril
Je rêve à la lumière de ces matins d’avril...
... En attendant, « oh ! la bonne petite pluie ! » ;-)
24 avril 2007
« Pour boire dessus l’herbe tendre »
« Pour boire dessus l’herbe tendre,
Je veux sous un laurier m’étendre,
Et veux qu’Amour d’un petit brin
Ou de lin, ou de chenevière,
Trousse au flanc sa robe légère
Et mi-nu me verse du vin (...) »
Ronsard, « Odelette » (1554)
(in La renaissance bucolique. Poèmes choisis, GF, p. 75)
17 avril 2007
Indiscrétions printanières
Je l’avoue, cela ne me plairait pas non plus que l’on vienne prendre des photos pendant que je batifole avec ma dryade dans l’herbe des champs... ;-)
Cela dit, je n’étais pas le seul indiscret : une araignée est venue s’inviter à cette partie de douze jambes en l’air ;-)
03 janvier 2007
Sous le gui
Cette année, les embrassades sous le gui du 1er janvier furent sylvestres. Au lieu d’en accrocher un petit bouquet dans l’appartement, nous avons préféré aller en forêt de Chambord pour savourer le moment sous un bel arbre.
Et, coup de chance, ce n’est pas sur un vieux cerf en retour de brame ni sur un gros sanglier velu que je suis tombé, mais sur ma ravissante dryade... ;-))
22 décembre 2006
Noël normand
Départ demain pour la Normandie, vers des cieux parfois hauts en hiver, aux falaises de nuages et aux teintes vives, voire métalliques.
À moins que, comme l’an dernier, il n’y ait de la neige à Noël. La lumière se fait alors plus silencieuse, et un manteau de flocons recouvre le sable du rivage.
Reverrai-je aussi ces goëlands calmement posés sur la glace du port de Caen ?
18 décembre 2006
Les saveurs de la tisane froide
« Tout l’automne à la fin n’est plus qu’une tisane froide. Les feuilles mortes de toutes essences macèrent dans la pluie. Pas de fermentation, de création d’alcool : il faut attendre jusqu’au printemps l’effet d’une application de compresses sur une jambe de bois.
Le dépouillement se fait en désordre. Toutes les portes de la salle de scrutin s’ouvrent et se ferment, claquant violemment. Au panier, au panier ! La Nature déchire ses manuscrits, démolit sa bibliothèque, gaule rageusement ses derniers fruits.
Puis elle se lève brusquement de sa table de travail. Sa stature aussitôt paraît immense. Décoiffée, elle a la tête dans la brume. Les bras ballants, elle aspire avec délices le vent glacé qui lui rafraîchit les idées. Les jours sont courts, la nuit tombe vite, le comique perd ses droits.
La terre dans les airs parmi les autres astres reprend son air sérieux. Sa partie éclairée est plus étroite, infiltrée de vallées d’ombre. Ses chaussures, comme celles d’un vagabond, s’imprègnent d’eau et font de la musique.
Dans cette grenouillerie, cette amphibiguïté salubre, tout reprend forces, saute de pierre en pierre et change de pré. Les ruisseaux se multiplient.
Voilà ce qui s’appelle un beau nettoyage, et qui ne respecte pas les conventions ! Habillé comme nu, trempé jusqu’aux os (...). »
Francis Ponge, Le parti pris des choses, « La fin de l’automne »
(Poésie / Gallimard, nrf, 2006, p. 33-34)




















