Comme l’an dernier pour l’Auvergne — à une époque où le blog n’était pas encore consacré quasi exclusivement à la photo ;-) — je me sers de ce billet pour rassembler quelques souvenirs sur les marches en montagne. Faute de ce compte-rendu, j’ai souvent tendance à confondre au fil du temps les différentes sorties…

Ce court séjour dans les Alpes de Haute-Provence (04), à Barcelonnette, nous a permis de retrouver le plaisir de la randonnée et du relief.

Je n’ai pas pris beaucoup de photos, ce qui nous aurait bien trop ralentis sinon… Entre la rando et la photo, il faut choisir ;-)

Dimanche 10 août : Le Morgonnet

            (Carte IGN 3438 ET, sur Embrun et le lac de Serre-Ponçon ; Barcelonnette, vallée de l’Ubaye, par C. Garrigues, aux éd. Les Guides Goursau, 2007, p. 6-7, n° 1)

Départ sous un grand soleil vers 14h30 à la ferme des Hugues (1450m), accessible par une longue piste étroite et très caillouteuse depuis le col de Pontis.

C’est une simple balade de réglage, histoire de reprendre ses marques.

Le sentier monte sur la gauche jusqu’à une petite crête qui offre une large vue sur le lac de Serre-Ponçon, le plus grand lac artificiel d’Europe.

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On repart sur la droite, mais pas suffisamment car je me trompe en suivant un sentier qui nous éloigne du balisage et qui finit par descendre dans un pré d’estive. Le faible dénivelé prévu pour cette première balade vient brusquement de s’alourdir… ;-) D’autant plus que je me plante une deuxième fois, ce qui nous écarte davantage du chemin et nous plonge dans un mélézin peu praticable (on aurait pu espérer que la seconde erreur corrige la première… c’est raté).

On finit tant bien que mal par retrouver le chemin qui mène à la Cabane du Jas (1615m), tranquillement abritée au pied d’un haut rocher.

On reprend alors la crête pour aboutir au pied d’une croix et faire une pause.

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Vanessa se détend les épaules, l’écho involontaire avec la croix finit dans ma cligne-musette ;-)

On termine en montant au Morgonnet (1754m) pour redescendre ensuite vers la voiture sans reprendre le contournement par la piste forestière.

Cette première sortie aura confirmé plusieurs choses : je ne suis toujours pas très doué une carte à la main, et il en faudra vraiment beaucoup pour réussir à fatiguer Vanessa (qui enchaînera d’ailleurs par une petite baignade dans le lac de Serre-Ponçon… ;-)

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Lundi 11 août : Le Chapeau de Gendarme

            (Carte IGN 3540 OT, sur Barcelonnette et le parc national du Mercantour ; TopoGuide La vallée de l’Ubaye à pied, éd. FFRandonnée, 2006, n°14, p. 65-66)

Cette sortie nous fait d’autant plus envie que le balcon de notre logement (situé sur les hauteurs sud de Barcelonnette et fort justement nommé le Panoramic) nous offre une vue magnifique sur cette montagne, encadrée à l’est par le Brec second et à l’ouest par le Pain de Sucre.

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Le départ du logement était prévu à 7h, en raison de la météo incertaine pour le milieu d’après-midi. Manque de chance, on découvre que la voiture a un pneu crevé (sûrement dû à la mauvaise piste de la veille). Je m’échine longtemps pour tâcher de dévisser les écrous, mais ils résistent (il faudrait que les garagistes cessent d’aller à fond avec leurs visseuses électriques…). L’intervention d’un dépanneur (fort désagréable, au passage) nous permettra quand même de prendre la route pour gagner la station de Super-Sauze (1700m), départ de la randonnée.

C’est donc seulement à 9h que nous entamons le parcours, sous un beau soleil. La montée commence sous les télésièges vers la gauche de la station pour se poursuivre dans une petite forêt de mélèzes à la fraîcheur bien agréable.

En sortie de bois, on part dans un terrain plus rocailleux où le soleil tape de plus en plus à mesure que le sentier s’élève. Au niveau de la cabane du Goutta (2077m, on n’a pas le temps de goûter, car on tombe sur un troupeau d’une quarantaine d’ados qu’il s’agit de doubler au plus vite pour ne pas piétiner derrière par la suite. Ce n’est qu’une formalité pour Vanessa, mais j’y laisse quelques litres de sueur ;-)

La suite de la montée jusqu’au Queiron (2301m) est d’ailleurs âpre pour le souffle, mais on finit par gagner assez vite le pied du Chapeau (2500m).

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La vue y est sublime puisque l’on peut contempler au nord la vallée de l’Ubaye et au sud celle du Bachelard.

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Mais nous n’y restons pas longtemps, car les nuages commencent à se former, et le froid l’emporte sur la chaleur de l’effort. Les polaires sont les bienvenues et nous terminons l’ascension du Chapeau de Gendarme (anciennement appelé le Lan, à 2682m).

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Au sommet, nous avons la bonne surprise de découvrir trois bouquetins tranquillement installés dans l’à-pic côté ouest. Je n’en ai pas de photo satisfaisante, ayant choisi de monter léger, avec seulement mon 10-22mm.

La descente est, comme l’indique le topoguide, un peu « aérienne », et il faut se méfier des pierres qui partent facilement dans ces barres rocheuses. On est même obligé de s’arrêter pour laisser passer la montée du troupeau de gamins amenés par leur guide depuis l’autre versant.

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En nous écartant prudemment de l’étroit passage balisé, nous débusquons un chamois qui file rejoindre ses trois potes bouquetins toujours en train de bronzer un peu plus haut (que l’on aperçoit se dessiner le long de la crête sur la photo). J’ai regretté un instant de ne pas avoir eu le 100-300mm, mais de toute façon le boîtier était resté en sécurité dans le sac…

Une fois le chemin libéré, nous poursuivons la descente jusqu’à une nouvelle crête, mais je rate le chemin qui plonge sur la gauche. On se retrouve sur une pente herbeuse, qui file vers une barre de plus de 200m de haut. Le sentiment d’alerte est vif, et nous parvenons enfin à apercevoir le sentier qui zigzague au bas de l’autre versant. Celui-ci aussi est « aérien », mais heureusement bien balisé.

Les courts lacets, éprouvants pour les pieds ou les genoux sensibles (c’est selon ;-), finissent par rejoindre les mélèzes. Si l’essentiel du dénivelé est désormais passé, il nous reste toutefois encore la moitié de la distance à parcourir , et on sent le vent dans les mélèzes (et non pas dans les saules ;-) forcir, apportant un ciel de plus en plus sombre.

Un long sentier nous mène à travers mélézins et estives jusqu’au col des Alaris (1724m), à partir duquel nous obliquons à droite pour longer pendant plusieurs kilomètres tout le versant sud du Chapeau de Gendarme.

Pas de difficulté particulière, si ce n’est que la fin du parcours s’effectue au pas de course car la pluie commence à tomber. Le retour sur la station se fait sous une forte averse : il était temps car l’orage qui progressait dans la vallée de l’Ubaye est désormais sur nous lorsque nous reprenons vers 15h la voiture pour Barcelonnette. S’il n’y avait pas eu ce contre-temps du pneu crevé, la sortie se serait achevée au sec (sans compter, bien sûr, la transpiration ;-)

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Mardi 12 août : pas de marche, mais une escapade italienne, au marché de Cunéo.

            Pas une seule photo non plus, simplement le plaisir de réentendre parler italien (même si c’est rempli de français), et de goûter quelques spécialités locales :-)

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Mercredi 13 août : Le nord des gorges du Bachelard par Baume Longe et Cloche

            (Carte IGN 3540 OT, sur Barcelonnette et le parc national du Mercantour ; Barcelonnette, vallée de l’Ubaye, par C. Garrigues, aux éd. Les Guides Goursau, 2007, p. 16-17, n° 6)

            Un couple de professeurs de philosophie pouvait difficilement faire l’impasse sur une balade près du Bachelard… ;-)

            Départ vers 13h45 au Villard d’Abas (1470m), sous un ciel dégagé. Le petit sentier s’élève vers l’ouest sur le versant sud des gorges, dans un terrain aux sentes trompeuses. Après un détour incertain, nous retrouvons le chemin qui s’enfonce dans les combes successives et passe sous les barres rocheuses. La marche est agréable, et le paysage superbe.

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            On atteint Baume Longe (1811m), longue bergerie en ruine, qui surplombe le coude du Bachelard 500m plus bas. Plusieurs embranchements de chemins lors du changement de versant me posent une nouvelle fois problème, mais l’expérience nous permet toutefois de rapidement deviner lorsque nous faisons fausse route. La traversée des estives nous offre la compagnie de mouches et autres taons, que la montée ne permet pas de distancer aisément ;-)

            Le parcours se poursuit un moment dans une végétation haute, aux orties vicieuses, sous le couvert des mélèzes jusqu’au Col de Cloche (2053m).

            On retrouve ensuite un terrain plus dégagé et ensoleillé, c’est l’occasion de faire une pause auprès de la croix située un peu avant la chapelle de St Médard, sous l’aplomb du Pain de Sucre.

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            On parvient alors au village abandonné de Cloche (2000m), pour ensuite obliquer dans la descente vers les gorges, et la départementale encaissée où l’on retrouve la voiture aux alentours de 17h15.

            Ce fut une promenade variée, et le trajet de retour s’est ponctué de quelques arrêts pour faire deux ou trois prises de vue du Bachelard :-)

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Jeudi 14 août : Le Lac des Neuf Couleurs

            (TopoGuide La vallée de l’Ubaye à pied, éd. FFRandonnée, 2006, n°28, p. 100-101 ; Barcelonnette, vallée de l’Ubaye, par C. Garrigues, aux éd. Les Guides Goursau, 2007, p. 36-37, n° 15)

            Réveil un peu avant 6h pour avoir le temps de rejoindre Fouillouse, situé à 26 kms de Barcelonnette, au terme d’une route étroite et superbe, qui emprunte notamment le Pont du Châtelet, une mince arche de pierre enjambant une gorge d’une centaine de mètres de haut (je n’ai pas eu l’occasion de m’arrêter pour prendre une photo, mais voici un lien ici).

            Départ au pied du village de Fouillouse (1880m) à 7h45, avec un ciel dégagé et des températures plus que fraîches.

            Le chemin, à la sortie du village, s’élève sur la gauche pour surplomber les maisons et serpenter ensuite sur la croupe au nord-ouest entre quelques mélèzes. Au bout d’un moment, le soleil prenant de la hauteur (et nous aussi ;-), ses rayons sont les bienvenus.

            La suite est à peu près de niveau pour longer une barre rocheuse, puis on remonte dans les rochers jusqu’au refuge du Chambeyron (2626m) et le Lac Premier. Nous décidons d’une pause d’une demi-heure pour prendre un café et un thé bien chauds.

            On reprend alors la montée qui enchaîne le Lac Rond, le Lac Long (photo ci-dessous), le Lac Noir et le Lac de l’Étoile, dans un décor pierreux de haute montagne, qui achève de convaincre Vanessa sur sa préférence pour l’Auvergne et la beauté de ses verts sommets.

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Quelques névés commencent à apparaître, et l’on débouche sur le Lac des Neuf Couleurs (2841m), nommé ainsi en raison de ses variations de teinte au cours de la journée.

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Nous n’avons cependant pas le temps de rester des heures pour vérifier le phénomène : la pause est brève, et nous entamons la descente. C’est un chemin qui se faufile entre d’énormes rochers vers le Pas de la Couletta (2752m).

Nous plongeons alors vers le vallon des Aoupets, dans une pente qui nous fait de nouveau prendre vivement conscience de l’existence des pieds ou des genoux sensibles ;-) Cette fois-ci, ce sont des marmottes qui croisent notre route, sans prendre le temps de dire bonjour...

Après la bergerie bien gardée par son patou (chien destiné à repousser les loups, présents dans le Mercantour), nous parvenons à un sentier plus doux qui nous mène au fort enterré de Plate Lombarde (je ne savais pas que les Hobbits avaient bâti des trous fortifiés jusque par ici ;-)

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Le reste du parcours se fait par un GR qui nous ramène le long du Riou de Fouillouse jusqu’au village vers 13h30 et un repos bien mérité :-)

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La fin du séjour sera consacrée à la visite de Barcelonnette et ses villas mexicaines, ainsi qu’aux courses et autres activités traditionnelles de vacances.

Nous avons eu beaucoup de chance avec le temps, puisque le vendredi du 15 août verra même les premières neiges tomber, notamment sur le Chapeau de Gendarme où nous passions le lundi en short et en tee-shirt.

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Ce furent de belles vacances, riches en souvenirs, à défaut de l’être en photographies :-)